Les meilleurs moments pour partager du jeu avec son chiot

Jouer avec votre chien peut mal tourner. C’est inquiétant quand ça t’arrive trop souvent. Que faire pour s’assurer que les jeux finissent toujours bien ? Entre autres choses, il faut probablement commencer par comprendre que jouer avec les humains permet au chien d’apprendre des « compétences » sociales indispensables… et que certains chiens ne les ont pas apprises.

Donc, vous devez prendre le jeu au sérieux (oui, bon… pas trop de toute façon !).

Déjà… il doit bien commencer

Pour éviter que le jeu avec votre chien ne dérape, mieux vaut soigner la façon dont tout débute. On lit souvent que seul l’humain doit déclencher la séance de jeu. Pourtant, il est bien plus efficace de prêter attention à la manière dont votre chien sollicite votre attention.

Un exemple : s’il dépose sa balle à vos pieds, vous regarde et remue la queue, c’est une invitation claire. Répondre à cette demande, c’est renforcer ce type de comportement. Mais si votre chien bondit sur vous la balle en gueule, mieux vaut l’ignorer pour ne pas encourager cette excitation débordante.

Délimiter des espaces dédiés au jeu chez soi aide beaucoup : on joue ici, mais pas là. Cela évite les incompréhensions et pose un cadre rassurant.

Certains chiens, pour différentes raisons, n’ont pas acquis de solides bases sociales. Ils interprètent alors le moindre geste comme une invitation à jouer, même quand ce n’est pas le moment. Dans ces cas, ignorer le chien et choisir sciemment où et quand jouer se révèle plus efficace qu’un refus systématique.

Aimeriez-vous jouer avec moi ?

Il dégénère avec des chiens socialement incompétentspour jouer trop brutalement

L’un des principaux déclencheurs de débordements pendant le jeu : trop de contacts physiques.

Certains partagent leurs jeux au sol, tout en contacts. On entend souvent : « Si tu te fais mal, tu l’as bien cherché ! » Mais en réalité, tout dépend de la capacité du chien à gérer ces interactions. Certains ne blessent jamais, d’autres dérapent vite.

Quand on joue avec un objet, comme une balle, il se passe déjà beaucoup de choses. Mais dès que le contact physique s’intensifie, tout se complique, un chien doit alors mobiliser davantage de compétences sociales pour rester doux. C’est comme si son cerveau calculait mille paramètres à la seconde.

Le but du jeu n’est pas simplement d’éviter la blessure ou la peur, mais de développer une palette de comportements adaptés. Moins un chien est à l’aise sur le plan social, plus il faut limiter ces contacts rapprochés.

Les chiots, eux, apprennent énormément via le jeu jusqu’à 4 ou 5 mois. Les adultes peuvent progresser, mais les apprentissages sont différents, parfois plus limités. Avec un chien au tempérament « brutus », la priorité reste d’éviter les situations à risque. Mieux vaut une phase de jeux agréables et maîtrisés, quitte à s’y tenir pour toujours avec certains adultes.

Chaque chien a un talent qui ne demande qu’à s’exprimer. Repérez ce qu’il aime faire : tirer à la corde, chercher un objet caché, courir après quelque chose… En lui permettant d’explorer ces préférences, on favorise son bien-être et on limite l’apparition de comportements gênants.

Si votre objectif est d’éviter les griffures, certains jeux sont à écarter au profit d’autres, mieux adaptés à ses capacités naturelles.

Ne me fais pas de mal.

Parmi les compétences à acquérir pour bien jouer avec l’humain, le contrôle de la puissance de la mâchoire figure tout en haut de la liste. L’apprentissage commence très tôt, avant même que le chiot ait 8 semaines. Un encadrement attentif du début de vie, par la mère et l’éleveur, facilite grandement la suite.

Pour vous, l’enjeu consiste à montrer au chiot la différence entre « ça fait mal » et « ça ne fait pas mal ». Si on interdit systématiquement qu’il prenne mains ou pieds dans la bouche, il n’aura jamais l’occasion de comprendre la nuance.

Ce travail va plus loin que la simple force de la mâchoire : le chien doit apprendre que certaines parties du corps sont plus sensibles que d’autres, ou qu’il peut prendre un jouet sans toucher la peau humaine. Parfois, la précision requise est remarquable.

Cet apprentissage n’est jamais le fruit du hasard. C’est grâce au jeu que le chien affine sa maîtrise.

Quand tout se passe bien, un coup de croc involontaire ou un coup de griffe qui vous fait bondir est suivi d’une sorte d’excuse canine.

Le chien vous rassure : il ne veut pas vous faire de mal. Ne vous mettez pas en colère.

Votre réaction de douleur a déjà suffi à lui faire comprendre que ce n’était pas apprécié.

Un adulte qui blesse trop souvent manque probablement de pratique, mais s’il manifeste des signaux d’apaisement, montrez-lui que vous avez compris. Parfois, le problème vient du type de jeu choisi, trop proche de la lutte, rendant l’apprentissage de la douceur difficile.

Pour ma part, j’ai constaté que mon chien était très délicat avec sa gueule mais moins avec ses pattes. Il a fallu adapter nos jeux pour lui apprendre à garder ses griffes loin de ma peau.

Jouer bien avec votre chien

Votre chien a du mal à trouver la bonne distance en jouant ? Rien n’est figé, il peut encore apprendre à mieux faire !

Ne me fais pas peur.

Le jeu, c’est aussi l’apprentissage mutuel de l’attention à l’autre. Humain et chien déploient toute une gamme de signaux quand ils jouent ensemble. Les chiens moins aguerris envoient parfois des messages ambigus, mais rappelons-nous que les humains aussi ne sont pas toujours clairs.

Le jeu procure un plaisir intense au chien. C’est ce qui rend l’arrêt du jeu si efficace : il suffit de cesser l’activité pour que le message passe. Avec de la constance, le chien comprend ce qui est acceptable ou non.

Un chien qui grogne trop fort en jouant ? Arrêter net suffit souvent à faire passer le message.

Je pense à une scène vécue : en vacances, mon chien a joué avec quelqu’un qui a eu peur en l’entendant grogner bruyamment sur un jouet. Cette personne a lâché le jouet, paniquée, et mon chien s’est éloigné en baissant la tête avant de revenir timidement, queue battante. Pourtant, avec moi, elle grogne encore plus fort sans jamais me faire peur.

Nous n’avons pas tous la même tolérance à l’intensité du jeu. Il est toujours légitime de s’arrêter dès qu’on se sent mal à l’aise.

Si vous hésitez, apprenez à votre chien à rendre ses signaux plus compréhensibles, et restez cohérent. En réalité, notre propre seuil de tolérance sert de repère au chien pour ajuster son comportement.

Mon chien grogne bruyamment quand elle tire des jouets.

Il dégénère quand votre chien est hors de contrôle

Cessez le jeu avant que l’excitation ne monte trop haut, même avec un chiot de 2 mois. Peu importe si la partie semble trop courte. Les éducateurs recommandent de jouer régulièrement, pas forcément longtemps.

Avec un chien facilement débordé, ne dépassez pas son seuil d’excitation. Préférez des séances fréquentes, anticipez les signes précurseurs d’agitation. Si vous annoncez la fin du jeu (« c’est fini ») et passez à autre chose, il comprendra avec la répétition.

Une astuce : arrêtez le jeu juste avant une activité appréciée. Certains chiens refusent de s’arrêter parce qu’ils redoutent l’ennui qui suit, par exemple, rester seuls après le départ du maître. Changer la routine, proposer une activité sympa après le jeu, peut changer la donne.

Les chiens très joueurs, parfois incontrôlables ou infatigables, peuvent aussi bénéficier de plusieurs jeux successifs : commencez par celui qui dépense le plus d’énergie, puis enchaînez sur un jeu de réflexion, et terminez dans un endroit où l’agitation n’a plus sa place. On peut toujours s’amuser, mais de façon plus apaisée.

Exemple : lancer un objet dehors, tirer sur une corde, puis jouer au jeu des gobelets à la maison.

Mon chien joue souvent sur le bonneteau.

Il dégénère quand votre chien préfère garder ses jouets plutôt que de jouer avec vous

Un point clé avec les chiots : enseignez-leur très tôt à rapporter leurs jouets vers vous. Un chien qui préfère garder son jouet pour lui peut devenir difficile à gérer, voire développer des comportements indésirables.

La meilleure façon d’éviter qu’un chien ne grogne quand on approche de ses affaires ? Lui apprendre, dès que possible, que rapporter ses jouets vers l’humain est bien plus amusant.

Pourquoi certains chiens le font-ils avec entrain ? Parce qu’ils ont compris qu’avec vous, le jeu prend tout son sens. Jouer ensemble vaut mieux que garder un trésor pour soi.

Nous apprenons tellement avec le jeu

Jouer avec son chien est loin d’être anecdotique. Quand il s’amuse avec vous, il mobilise une attention rare, prêt à capter le moindre de vos gestes, comme s’il essayait de tout comprendre.

Vous pouvez en profiter :

Les ordres réputés complexes, comme « rappelle », « donne », « ne touche pas » ou « reste », deviennent bien plus simples à enseigner en s’appuyant sur le jeu.

Un chien ne revient pas au pied parce qu’il mesure un danger, mais parce qu’il trouve ça plus amusant que de courir après un lièvre. Cette motivation change tout. Parfois, il vous surprendra par ce qu’il est capable de faire… simplement parce qu’il s’amuse !

Le jeu est aussi précieux pour restaurer l’attention d’un chien distrait : quand rien d’autre ne fonctionne, il reste souvent la carte du jeu.

Pour multiplier les occasions d’apprendre, jouez autant que possible avec votre chien. En prime, il découvre que vous êtes digne de confiance.

L’ordre « lâche » (donne) est mieux appris en jouant comme beaucoup d’autres ordres même « assis » !

Le jeu se termine bien quand la confiance règne

À travers le jeu, le chien apprend vite presque tout ce qu’il y a à savoir sur vous, si ses aptitudes sociales le permettent. Plus les moments de jeu sont nombreux, plus il vous connaît. C’est un formidable accélérateur de lien. Un éducateur attentif voit immédiatement, en observant une séance de jeu, la nature de la relation que vous entretenez avec votre chien.

Restez attentif aux messages qu’il vous envoie. Trop de familiarité, trop tôt, peut brouiller la communication, surtout si la confiance n’est pas installée. Si le doute s’installe, il touche probablement aussi votre chien.

Peut-être pas avec la même intensité, ni pour les mêmes motifs. Mais le moindre flottement vous invite à prendre le temps de renforcer la confiance mutuelle.

Vous êtes parfois perplexe pendant le jeu ? Il n’est jamais trop tard pour renforcer votre complicité et lui montrer que vous êtes digne de confiance !

Elle ne doute plus de moi, je ne doute plus d’elle. Il faut de la patience : parfois c’est long avec les chiens adoptés avant que la confiance règne !

Récapitulons !

Si les moments de jeu tournent trop souvent au casse-tête, voici les points à vérifier :

  • Apprendre au chien à demander gentiment à jouer
  • Définir les espaces de jeu dans la maison et ne pas jouer partout
  • Limiter les contacts physiques au départ (voire toujours, selon le chien). Pour les chiots, c’est au contraire le moment d’apprendre à doser leur force
  • Choisir des jeux en accord avec ce que le chien aime naturellement faire, comme chercher ou poursuivre : souvent, les problèmes surviennent parce que les jeux ne correspondent pas à ses besoins
  • Ne pas gronder le chien qui vient s’excuser après un geste maladroit si vous avez déjà manifesté votre douleur
  • Arrêter la partie dès que vous êtes mal à l’aise afin que le message soit compris. Il faut parfois répéter, mais la cohérence porte ses fruits
  • Interrompre le jeu avant que le chien ne soit surexcité, lui apprendre un signal de fin (« c’est fini ») et associer cette fin à une transition positive vers une activité calme ou captivante
  • Apprendre au chiot à rapporter ses jouets, pour qu’il préfère jouer avec vous plutôt que de garder ses trésors pour lui. Un chien qui protège ses jouets peut vite devenir compliqué à gérer
  • Utiliser le jeu pour enseigner les ordres et renforcer la confiance
  • Profiter du jeu pour montrer que vous êtes fiable, sans précipiter la familiarité, surtout avec les chiens que vous connaissez peu

Ne sous-estimez jamais la force d’une partie de jeu partagée : c’est là que tout se construit, un moment après l’autre, et que la confiance tisse sa toile entre vous et votre chien.